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En ce moment, la société SplashElec lève des fonds avec une campagne de crowdfunding. L’entrepreneur qui est derrière ce projet, n’est autre que Bernt Weber, un vieux loup de la fabrication numérique en mer comme au TyFab. L’objectif poursuivi par Bernt et son associé est de rendre la voile accessible à tous, et notamment aux personnes handicapées.

Alors n’hésitons pas, soutenons Bernt !

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Afin de mieux comprendre les liens entre Bernt et la Maison du Libre, il a accepté de répondre à quelques questions. Une occasion de découvrir ou de re-découvrir la trajectoire d’un libriste et maker brestois.

Comment est née l’idée de faire cet équipement pour voilier ? As tu une passion pour la voile ?

Oui, il y a d’abord une passion pour la voile dès mon arrivée à Brest, il y a bientôt 21 ans. Avec celle qui est devenue mon épouse, jusqu’à l’arrivée des enfants, nous avons pratiqué le catamaran de sport et, en tant qu’équipiers, les régates en habitable. Cette passion m’a amené vers l’électronique marine au niveau professionnel, dans les années 2000, j’installais et dépannais tout ce qui est électrique et électronique sur les voiliers. J’ai ainsi pu mesurer les bons et mauvais cotés du matériel du marché. Ma formation me permettant de concevoir mon propre matériel, l’envie m’est venue de me lancer.

Comment as tu connu la MDL et le TyFab ?

En tant qu’utilisateur Linux depuis environ 1996, je suivais de loin, sans prendre le temps de m’approcher, ce que faisait Finix.

En 2011, je cherchais des personnes prêtes à mutualiser des machines, et j’avais posé la question à Jérôme Kerdreux (de Finix) parce que je m’attendais à trouver l’état d’esprit nécessaire auprès de ces gens (Bingo !). Jérôme m’a aiguillé vers la conférence organisée par la ville pour initier le lancement d’un fablab brestois, et j’étais un des 6 ou 7 qui se sont réunis à partir de l’automne 2011 pour créer le fablab (toujours avec nous : Sylvie, David, Arthur, Arnaud, Jessica). Le nom Tyfab a été trouvé, et le Tyfab a été créé au sein de la MDL (Maison du Libre, dont Finix est toujours une partie importante), parce que ce genre de lieu d’échanges et de partage complète bien les activités d’informatiques et électroniques qui s’y pratiquaient déjà.

En quoi le TyFab a t-il participé à faire avancer tes projets ?

À la fin des années 2000, je commençais à m’intéresser à la fabrication des parties mécaniques, pour compléter mes compétences en informatique et électronique, la maîtrise de ces trois compétences étant nécessaire pour concevoir la plupart des appareils de la vie moderne. En plus de la mutualisation de machines, le Tyfab m’a surpris par l’apprentissage extrêmement rapide dont nous pouvions bénéficier en échangeant avec les autres utilisateurs. Ces derniers, toujours prêts à partager leur savoir-faire, m’ont permis de développer mes compétences en fabrication numérique.

Y a t-il un lien entre les valeurs du libre et ton aventure d’entrepreneur ?

Les outils du logiciel libre sont depuis longtemps indispensables du coté de l’informatique. Pour la conception électronique, ils sont devenus utilisables, il y a environ 10 ans. Pour la fabrication numérique, les outils libres sont sur le point de devenir une solution. Même dans ce domaine, les gens du Tyfab, en tant qu’utilisateurs précoces, sont capables de se débrouiller sans logiciels propriétaires.

Pour une petite entreprise (et les particuliers), l’aspect gratuit du logiciel libre ouvre des possibilités autrefois réservées aux grandes entreprises. Et avoir la main sur le code permet d’innover en collaborant.

La majorité de nos clients ne s’intéressent que peu à l’aspect libre de notre électronique. Dans nos contacts avec des équipes de recherche (dont plusieurs clients), la possibilité de pouvoir tout prendre en main est indispensable. Travailler en libre nous aide à aller plus loin en bénéficiant de l’apport des uns et des autres et contribue au final à accélérer l’innovation.

Tu consacres du temps bénévole pour la MDL et tu as mis des machines à disposition des makers, d’où te vient cette générosité ?

Ce n’est pas de la générosité, c’est toujours intéressé. Je suis convaincu que chacun reçoit plus qu’il en apporte. Et j’ai moi-même beaucoup bénéficié des connaissances des autres. « Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin !« 

Le Tyfab est plus qu’un ensemble de machines. La MDL est plus que ces 3 groupes principaux (Linuxiens, les Petits Hackers et le Tyfab). L’intégration progresse et le résultat devient impressionnant. Des exemples : l’utilisation grandissante des machines par les Petits Hackers ; et les premiers adultes qui s’inscrivent avec les enfants en tant que « petit hacker », parce qu’ils cherchent des rapports décomplexés avec les enfants, qui ont déjà du savoir à partager.

Tu récoltes des fonds en ce moment, pour quelles raisons, concrètement ?

Depuis 2010, je développe et vends quasiment à temps plein des prototypes de systèmes pour voiliers, sans pouvoir vraiment en vivre. Pour pérenniser le projet, il faut rendre le projet plus visible pour rencontrer des clients. Il y a un an, j’ai finalement trouvé un associé, Cédric, qui a trouvé le projet passionnant et qui m’aide à faire connaître ce système. Notre crowdfunding a un double objectif : financer un système de démonstration toujours disponible pour Cédric et moi et ainsi pouvoir faire des démonstrations partout en Bretagne et plus loin. Le second objectif est de faire parler du projet pour qu’un maximum de personnes soient informées sur la possibilité pour les personnes en situation de handicap de faire de la voile. Ainsi, nous pourrons tous nous retrouver pour naviguer ensemble.

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